11.04.2008
Article d'Adrien Dehelly sur l'integration
L'exigence et l'idéal républicain, fondements de l'intégration
La confrontation des différences peut être un enrichissement, mais elle l’est d’abord pour les psys et les marchands d’armes. Il faut donc trouver un moyen d’effacer ou d’atténuer ces différences, ou de les rendrent supportables. Ce moyen est appelé l’intégration.
A cette vieille idée est désormais préféré l’abandon du modèle assimilationniste français, qui permettrait une société plus ouverte, plus tolérante ou enfin adviendrait la société multiculturelle où seul l’Universel commun des valeurs démocratiques lierait abstraitement les individus les uns aux autres.
La Viabilité de ce projet peut-être mis en doute. Si on considère L’Homme comme politique par nécessité plus que par nature, il lui faut alors une raison pour vivre avec ses semblables. Se contenter de l’intérêt comme seul lien, serait rendre les collectivités humaines bien instables. Il faut dès lors un fondement plus noble et plus stable ; comme par exemple l’appartenance à une même nation.
La nation française a souvent été définie, non par une appartenance préalable de chacun à une communauté culturelle, mais par une communauté de destin. Cette communauté résulterait d’un choix. Cette idée est identique à celle qui fonderait l’Etat selon les philosophes du contrat social, comme Rousseau ; et cela n’est pas innocent puisque la nation et l’Etat sont, en France, consubstantiels, c'est-à-dire que l’un n’a jamais existé sans l’autre.
Cette idée de choix, était résumée par : Pour être français, il suffit de le vouloir !Dans ce cas, la volonté serait la seule condition ; mais une condition qui en contient tant d’autres, comme la volonté de s’intégrer, celle d’apprendre la langue, ou celle d’aimer son nouveau pays.
Cette volonté serait celle de s’assimiler. Il s’agirait d’entrer dans la communauté nationale ; non pas pour devenir identique aux autres, mais pour adopter une forte identité commune. L’amour du pays n’est rien d’autre que l’amour de cette identité commune. C’est cette notion d’amour patriotique qui montre que l’assimilation ne se fonde pas sur la volonté. On ne peut aimer cette communauté avant d’en faire partie. Ce poids de la volonté est en réalité une fiction nécessaire. Car la volonté est nécessaire mais pour renoncer à son identité première et non pour en adopter une nouvelle. Le seul choix que l’immigré fait en s’assimilant c’est d’oublier qu’il est d’abord un étranger. Voila l’origine de la névrose assimilationniste : pendant un temps le nouvel-arrivant a perdu son identité ancienne sans avoir pour autant gagné sa nouvelle. Il devient apatride avant de pouvoir devenir français. Ce processus est douloureux et nul ne le fera spontanément ; l’assimilation ne peut se faire de manière satisfaisante par simple acclimatation, ou par simple volonté. On ne devient français qu’après une lutte intérieure contre soi.
Deux choses peuvent pousser quelqu’un à réaliser cet acte contre nature, de lutter et de triompher de soi-même : l’espoir et l’obligation. Cet l’espoir, c’est l’existence d’un rêve français qui ne consisterai pas seulement en un El Dorado économique, mais aussi en un idéal universel tel que le fut celui de la IIIème République pour les immigrés de l’époque. Il ne faut cependant pas être naïf ; la meilleure façon pour que des immigrés s’intègrent est d’exiger d’eux qu’ils le fassent.
Aujourd’hui, le dénigrement de la France qui détruit cet idéal républicain, se conjugue avec l’abandon de l’exigence d’intégration des immigrés à cette France désenchantée. Alain Finkielkraut avait résumé cela par: « comment intégrer dans une France qui ne s’aime pas des gens qui n’aiment pas la France ? ». Le résultat néfaste de cette mentalité et de cette politique est la privation, pour les jeunes générations issues de l’immigration, de ce ciment national si précieux, au profit d’une identification imaginaire au pays d’origine de leurs parents.
Deux solutions excessives et idéologiques nous sont souvent proposées : soit d’agir sur les flux migratoires en tentant vainement de les diminuer, soit d’accepter une diversité, qui ne mènerai qu’à l’implosion sociale par le communautarisme. Il me semble pour ma part, qu’il suffit pour intégrer, de continuer l’œuvre des pères fondateurs de notre système républicain en exigeant l’assimilation et en promettant la liberté et l’égalité pour ceux qu’unissent la fraternité.
02:58 Publié dans Articles parus dans le journal de l'ELE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
Alors, Monsieur n'aime pas ce qui attire l'œil??
Je vous cite, vous qui avez tiré les larmes de mes yeux:
"De toute façon je l'ai déjà dit on se fiche de l'homosexualité en tant que comportement la question est: "faut il oui ou non inclure dans la définition officielle de la famille une famille ou les deux parents seraient de même sexe?" "
Vous n'aimez pas l'incongruité sémantique?
Cela revient à dire que vous enfermez les gens dans les mots.
Vous n'aimez pas les différences?
Vous enfermez les gens dans un standard.
Vous n'aimez pas qu'on s'éloigne de votre petite éducation Catholique?
Vous êtes de la trempe de ces pompeux
ignorants qui veulent faire oublier l'obscurantisme religieux afin de mieux le reproduire.
Toujours est-il que je suis hétérosexuel.
Mais, veuillez, monsieur méditer ces phrases:
Quand ils sont venus chercher les communistes . . .
Je n'ai rien dit parce que je n'étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les Juifs . . .
Je n'ai rien dit parce que je n'étais pas Juif.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes . . .
Je n'ai rien dit parce que je n'étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les catholiques . . .
Je n'ai rien dit parce que j'étais protestant.
Et lorsque finalement ils sont venus pour moi . . .
Personne n'a rien dit, parce qu'il ne restait plus personne pour parler pour moi . . .
Ecrit par : Chaouki | 07.10.2008
Ce commentaire m'a été transmis tardivement, j'y répond donc tardivement.
Mon propos est simple, et il a le droit de choquer quiconque désir l'être: la différence ne donne aucun droit, et en soit elle ne fait que séparer les membres de ce qui devrait être une même communauté.
On peut chanter les différences sans très bien savoir ou cela nous menene ou on peut se rendre compte que pour créer ou entretenir une collectivité il faut avant tout avoir des choses en commun.
Je ne vois pas bien le rapport avec le mariage homosexuel, le syndicalisme et autre, sauf une choses: vous dites que toute différences est légitime pour obtenir un statut à part, je dis aussi sur ces points que la loi est égale pour tous et qu'elle se fiche des différences: il n'y a qu'un seul mariage dont la seule préoccupation est la famille et non la sexualité des parents.
Pour le reste, je ne vois pas bien en quoi il est criminelle d'avoir eu une éducation catholique, même si pour ma part je suis athée.
donc finallement je suis gentil de répondre parce que pour 95% du post précédent la réponse devrait être: hors sujet.
Ecrit par : Adrien Dehelly | 26.12.2008
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